Végétaux

Rôles et fonctions des végétaux

Les végétaux ont quatre grandes fonctions dans la mare :

• La fonction d’oxygénation de l’eau. Elle est primordiale pour la vie aquatique dans la mare. Pour les poissons bien sûr, mais aussi pour les amphibiens et les microorganismes.Ces derniers permettent notamment la décomposition et la minéralisation de la matière organique présente au fond de la mare (vase). On évite ainsi la putréfaction et les odeurs nauséabondes qui accompagneraient une décomposition anaérobie (sans oxygène).

• Le système racinaire des végétaux est également utilisé pour fixer les berges. Ils permettent ainsi de ralentir le phénomène d’érosion.
• Dans certains cas, les plantes peuvent également jouer le rôle d’épurateur. Directement en stockant ou en dégradant les polluants mais aussi indirectement en alimentant en dioxygène des microorganismes présents dans l’eau et la vase qui jouent ce rôle. On les utilise ainsi comme dépolluants dans les bassins de rétention des eaux pluviales le long des routes ou en complément dans des stations d’épuration mais aussi dans des piscines (dites piscines naturelles) dans lesquelles on peut alors supprimer les traitements chimiques.
• Enfin il existe une fonction évidente, l’aspect esthétique qu’elles apportent. Ces végétaux de zones humides apportent un supplément de formes et de couleur, qui apporte encore un peu plus de diversité au paysage. Nous noterons qu’elles font également partie intégrante de la mare dans son symbole de point d’eau, source de vie. Ce sont elles qui par leur évolution au fil des saisons donneront vie au plan d’eau.

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Un apport esthétique incontestable
Coye la Forêt (60) Photo CAUE 60

 

La phytoépuration:

Les végétaux peuvent contribuer au traitement de l’eau par un certain nombre de moyens :

• ils stabilisent les substrats, ce qui permet ensuite aux matières en suspension d’être absorbées par les tissus des végétaux.
• les micro-organismes qui participent aux transformations (minéralisation, dégradation de molécules complexes…) peuvent s’y fixer
• la photosynthèse produite par les plantes immergées alimente en dioxygène les micro-organismes qui participent à ces réactions.
• les racines produisent une grande variété de substances capables de « casser » les molécules complexes de nos médicaments de synthèse et de nos détergents.
• Les végétaux aquatiques ont donc une fonction épuratrice indéniable. Aussi sont-ils désormais vus comme un système d’épuration alternatif. Sans rentrer dans le principe du lagunage, on voit donc l’intérêt de ces plantes qui permettent, dans certains cas de palier à des pollutions ponctuelles et limitées.

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Piscine dite « naturelle », utilisant le principe de la phytoépuration
Photo Bioteich

 

Zones d’implantation des végétaux en fonction du niveau de l’eau

Les plantes aquatiques se répartissent dans la mare essentiellement suivant leur exigence vis-à-vis de la profondeur. Il existe un certain nombre de d’appellations précisant la classification des différentes espèces, nous vous proposerons donc quelques repères… Des zones les moins humides aux plus humides :

Les plantes de berges : si elles vivent dans des zones humides, elles n’ont cependant pas les pieds dans l’eau. Leurs exigences et leur culture s’en trouvent assez proche des plantes vivaces. En effectuant la transition avec le milieu environnant, elles assurent l’intégration de la mare dans le paysage.

Les plantes de rives : cette ceinture végétale doit normalement avoir les pieds dans l’eau, mais les tiges, les feuilles et les fleurs restent au-dessus de l’eau. C’est la zone intermédiaire entre les plantes de berges plutôt terrestres et les plantes d’eau plus profonde.

Les plantes aquatiques où l’on retrouve…
• les plantes submergées qui assurent la fonction essentielle d’oxygénation. Leur intérêt décoratif est cependant mineur.
• les plantes enracinées sur le fond dont les feuilles et les fleurs émergent à la surface
• les plantes flottantes, sans enracinement sur le fond.

 

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Cas des plantations

Faut-il nécessairement effectuer des plantations ?

L’idéal est de laisser s’implanter les végétaux naturellement. Outre l’intérêt économique, les plantes qui s’installeront seront certainement adaptées au climat et pourront héberger une faune locale. Dans le cas où l’imperméabilisation (bâches, structures maçonnées) ne permet pas une implantation naturelle (utilisation de paniers en plastique pour enfermer le substrat) ou si l’implantation naturelle est très lente, il est possible de recourir à la plantation. Il est alors possible de faire des prélèvements dans d’autres mares ou d’acheter chez des pépiniéristes spécialisés.

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Photo R. Mazin

 

Espèces protégées, espèces invasives: attention

Espèces protégées

Certaines espèces végétales sont protégées, il est interdit de les prélever dans le milieu naturel. La mare est un milieu qui possède une grande diversité biologique. Parmi les espèces présentes, nombre d’entre elles sont directement dépendantes de ce type de zone humide. Ces habitats naturels se raréfiant les espèces qui en dépendent sont à leur tour menacées. C’est donc dans un objectif de préservation que de nombreuses espèces vivant dans ce type de milieu sont protégées par la loi sous le statut d’espèces protégées. La destruction, le déplacement ou l’altération de leur milieu est donc interdit. Dans le premier cas gare aux plantes protégées qui sont très nombreuses dans les milieux humides.

Voir la liste des espèces végétales protégées en France, site du ministère de l’écologie

Espèces invasives

Il est facile de se laisser séduire par des plantes d’origines exotiques. Mais attention, nombre d’entre elles sont invasives dans nos régions. Dans un milieu à l’équilibre fragile comme la mare, ces espèces ne connaissent pas de prédateurs, elles se multiplient alors très vite au détriment des espèces locales. Il y a une perte de diversité dans la mare, leur expansion est difficilement contrôlable. Pire elles risquent de se répandre dans le milieu naturel : cours d’eau, lacs…

Quelques exemples

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Achillea ptarmica
Photo J. Crellin

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Utricularia australis
www.ruhr-uni-bochum.de

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Equisetum sylvaticum
honeybee.helsinki.fi

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Lemna minuta
www.habitats.org.uk

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Azolla filiculoides
Photo D. Fenwick

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Elodea canadensis
Photo M. Hassler

 

Et autour de la mare

Les plantes des abords

Le choix des végétaux des abords n’est plus soumis aux contraintes liées au niveau de l’eau. Il se doit d’êt re également soigné, en effet c’est lui qui effectuera la transition entre la mare et son environnement. Cela est d’autant plus important lorsque le bassin n’est pas à l’origine dans une zone humide. Il n’y a donc pas de végétation type, la végétation environnante devant être prise en compte. Des végétaux dont le feuillage évoque le milieu aquatique (feuilles élancées rappelant les roseaux ou des feuilles larges comme celles des nénuphars) pourront être utilisées.

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Les plantes établissent la transition entre le plan d’eau et le paysage environnant
Photo Maier

 

Le cas des arbres

Les plus :

• Ils limitent l’évaporation due aux vents
• Ils donnent de l’ombrage qui permet de limiter l’augmentation de température

 

Les moins :

• Les racines risquent de crever la couche imperméable
• La chute importante des feuilles dans l’eau risque de diminuer fortement le taux d’oxygène dans l’eau, il y a donc risque de fermentation. De plus cela augmente la fréquence d’entretien (récurage). Leur proximité, si elle n’est pas immédiate, est utile pour la mare. Une distance de l’ordre de 6m semble être un bon compromis.