Les principes de base

 

Les principes de base de la gestion des eaux pluviales répondent à la problématique expliquée en introduction.

Ils consistent à :

• diminuer la quantité d’eau de ruissellement
• ralentir sa vitesse de transit pour augmenter son temps de concentration et étaler son arrivée à l’exutoire, c’est-à-dire faire en sorte que toute l’eau n’arrive pas en même temps au même endroit (voir graphique).
• limiter sa charge polluante autant que possible.

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Débit entrant dans le réseau
d’assainissement en fonction du temps

Ce graphique ne se base sur aucune valeur numérique, il a pour but de visualiser le principe et l’intérêt de l’écrêtage de débit de pointe.

Pour diminuer la quantité d’eau de ruissellement

Il est préférable d’opérer une gestion à la parcelle pour les eaux de toiture et une gestion à l’échelle du quartier pour les eaux de voirie. Prendre en charge la goutte de pluie au plus près de son point de chute lui évite de ruisseler sur des surfaces polluées et d’aller surcharger le réseau d’assainissement. En pratique, l’essentiel des techniques utilisées sont détaillées plus loin sur ce site.
Un autre point essentiel est de diminuer les surfaces imperméables. Dans ce sens, on donnera une large place aux espaces végétalisés et l’on préfèrera des revêtements poreux à des non poreux. On peut orienter les documents d’urbanisme vers une réduction des voiries, un meilleur aménagement des espaces publics ou une optimisation de l’emprise au sol des bâtiments (favoriser le développement urbain par la densification des centres-villes plutôt que par la construction de lotissements).

Schéma de synthèse du bilan hydrique d’une parcelle.
Source : CAUE 60.

Le but est de favoriser l’infiltration (I), l’évaporation (E) et la transpiration (T) (action des plantes) pour compenser les précipitations (P) et arriver à ce que la quantité d’eau qui sort d’une parcelle par ruissellement (Qs) soit inférieure ou égale à celle qui y entre (Qe) comme sur le schéma ci-dessous. Autrement dit, on veut Qs ≤ Qe.

 

Pour ralentir le ruissellement

On pose des obstacles au ruissellement. Cela favorise aussi l’infiltration. Une mesure simple consiste à orienter le sens de labour en travers de la pente. Cette mesure diminue de surcroît l’érosion des sols, responsable de la perte de terres arables et de coulées de boue.
On se sert aussi du relief. Les fossés, talus et mares sont des atouts à conserver. Les surfaces imperméabilisées vont généralement à l’encontre de cette idée puisque pour la plupart elles sont lisses. Dessus, rien ne s’oppose à l’écoulement et l’eau prend de la vitesse. Encore une fois, il faut limiter l’utilisation de revêtements imperméables et encore une fois, la végétation joue un rôle important.

Le maintien des haies, des prairies et des bandes enherbées est efficace : la végétation ralentie l’eau et en absorbe une partie pour sa consommation. Les arbres et les haies ont une influence plus grande que celle des prairies. Les cultures, laissant les sols à nu une partie de l’année, se révèlent moins efficaces. Les arbres représentent un avantage certain, n’hésitez pas à en garnir votre jardin ou votre commune et à consulter notre rubrique « Vous plantez » où vous trouverez des conseils utiles.

Pour limiter la charge polluante

Il faut bien sûr empêcher l’eau de ruisseler, on en revient à la gestion parcellaire, mais également diminuer la pollution des voiries et traiter l’eau avant de la laisser rejoindre le milieu naturel. Donc un nettoyage régulier des voiries peut avoir des conséquences appréciables.
La pollution présente dans l’eau de pluie est essentiellement de type particulaire, une grande partie des polluants se fixe sur les Matières En Suspension (MES). Donc cette pollution peut être fortement réduite par une étape de décantation ou de filtration, dans un ouvrage de prétraitement ou grâce aux techniques alternatives.
Si l’eau a tendance à contenir des hydrocarbures et des graisses, on la fait passer dans un dégraisseur/déshuileur ou éventuellement dans un fossé à plantes macrophytes (comme celles que l’on trouve dans les stations de lagunage) dont l’entretien est plus léger.


Une haie en bordure de prairie
Photo : CAUE 60

Nettoyage de voirie
Photo : ville de Bordeaux
Pour en savoir plus

Site de la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse :
www.grandtoulouse.org/index.php?pagecode=376