Gros plan sur le lagunage

 

LE PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

Le lagunage naturel fonctionne sur la base de 3 à 5 bassins imperméables, vastes et peu profonds (environ 1 mètre) où l’eau s’écoule lentement par gravité. L’épuration est assurée par des organismes aérobies et parfois aussi anaérobies, sans ajout de réactifs chimiques. La forme des bassins favorise la photosynthèse et les échanges gazeux avec l’air et le temps de séjour de l’eau y est long (au moins 30 jours) pour permettre à la nature de faire son œuvre.

LagunageSchema

Schéma en coupe d’une station de lagunage naturel. D’après : Cemagref, 2004.

 

Sur le schéma, les proportions ne sont pas respectées, mais concrètement l’inclinaison des berges est de 1/3. Cela facilite l’installation des végétaux adaptés chacun à une profondeur donnée, et évite l’érosion des berges.

• Avant d’entrer dans le premier bassin, l’eau subit un pré-traitement (dégrillage, dessablage et dégraissage) pour la débarrasser des polluants les plus grossiers (plastique…).

• Le ou les premiers bassins sont des bassins à microphytes (végétaux microscopiques). À l’entrée du premier bassin, une surprofondeur permet d’accumuler les premières matières de décantation, grâce à la lenteur du cheminement de l’eau. C’est l’équivalent du traitement primaire. Elles y seront dégradées par les bactéries, rejetant du CO2, des nitrates et des phosphates. Les algues microscopiques utilisent une partie de ces éléments.

• Avant d’entrer dans le premier bassin, l’eau subit un pré-traitement (dégrillage, dessablage et dégraissage) pour la débarrasser des polluants les plus grossiers (plastique…).

• Le ou les premiers bassins sont des bassins à microphytes (végétaux microscopiques). À l’entrée du premier bassin, une surprofondeur permet d’accumuler les premières matières de décantation, grâce à la lenteur du cheminement de l’eau. C’est l’équivalent du traitement primaire. Elles y seront dégradées par les bactéries, rejetant du CO2, des nitrates et des phosphates. Les algues microscopiques utilisent une partie de ces éléments.


Le dégraissage est assuré par une simple cloison qui ne va pas jusqu’au fond du bassin. L’eau passe, pas les graisses.
Photo : agence de l’eau Rhin-Meuse

Un macrophyte : l’iris des marais.
Photo : CAUE 60

Le lagunage aéré est différent. Avec deux à trois bassins au lieu de trois à cinq, ce système demande moins d’espace. Mais le premier bassin est pourvu d’un aérateur artificiel qui consomme de l’énergie et nécessite un entretien et une surveillance par un technicien qualifié. C’est la principale différence entre le lagunage naturel et le lagunage aéré : investir plus au départ ou avoir un coût d’entretien plus élevé.

Le fonctionnement du premier bassin est proche de celui d’une cuve à boues activées, mais sans le maintient contrôlé de la population bactérienne. Le traitement de l’eau est donc moins rapide en lagunage aéré qu’en station à boues activées, mais tout de même plus rapide qu’en lagunage naturel.

LagunageAere

Vue partielle d’une lagune aérée.
Photo : Isma.

 

A titre de comparaison :

• Lagunage aéré : 5 m²/EH
• Lagunage naturel : 17 à 20 m²/EH
Source : Parcs Naturels Régionaux du Haut-Jura et du Morvan.

Le domaine d’utilisation conseillé pour les deux va de 200 à 2000 EH.

Rappel : EH signifie « équivalent habitant » et exprime la charge de pollution à gérer.

 

L’ENTRETIEN

Une fois mis en place, le lagunage naturel ne nécessite qu’un entretien restreint dont la partie hebdomadaire peut être assurée par un employé communal :

• Nettoyer les installations de pré-traitement une fois par semaine
• Surveiller une fois par semaine l’ensemble de la station
• Tondre les abords et enlever les lentilles d’eau
• Entretien et maintenance du poste de relèvement si écoulement non gravitaire
• Faucarder (faucher) les plantes chaque année à l’automne
• Curer les bassins à microphytes tous les 1 ou 2 ans
• Curer les bassins à macrophytes tous les 5 à 10 ans

 

AVANTAGES ET INCONVENIENTS DU LAGUNAGE

 

Les plus :
Procédé simple, naturel, efficace
• Entretien facile et économique
• S’intègre très bien dans le paysage rural
• Valorisation agricole des boues
• Participe à la biodiversité (plantes, oiseaux, amphibiens, insectes…)
• Est un excellent support de pédagogie
• Lagunage naturel adapté au réseau unitaire
• Lagunage aéré adapté au réseau séparatif, compatible avec réseau unitaire mais avec un ouvrage de régulation

 

Les moins :
• Nécessite beaucoup de terrain
• Baignade interdite (pathogènes)
• Lagunage naturel peu adapté aux effluents industriels et au réseau séparatif
• Rendement plus faible en hiver
• Risque d’odeur si dysfonctionnement
• Incompatible avec une nappe très proche en sous-sol
Le coût d’investissement est variable en fonction du prix du foncier, de la taille de la station et de la nécessité ou non d’ajouter une imperméabilisation des bassins. Il peut donc être un avantage ou un inconvénient selon les circonstances.

 

UN EXEMPLE QUE L’ON PEUT VISITER : LE LAGUNAGE DE DEULEMONT

Lagunage2

Lagunage de Deûlémont.
Photo : Lille Métropole

 

Ce site de 3,5 ha a une capacité d’épuration de 1600 EH. Le public y est accueilli lors de visites guidées programmées à l’avance.

Pour plus de renseignements sur cette station, consultez les sites suivant :

www.lillemetropole.fr/index.php?p=925&art_id=15319
www.lillemetropole.fr/gallery_files/site/70009/147197.pdf

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE LAGUNAGE

Site du CEMAGREF :
www.cemagref.fr/Informations/Actualites/Actu/epuration/lagunefiltre.pdf

Plaquette d’information du refuge LPO à Rochefort :
www.lpo.fr/refugeslpo/conseils/fiches/docs/Lelagunagenaturel.pdf